Le 9 janvier 2026, le Prism’emploi et trois syndicats (CFDT, CFTC et UNSA) ont signé un accord important qui change les règles applicables aux salariés permanents du secteur.
Cet accord devient en quelque sorte le « contrat de base » commun à tous ces salariés. S’il est validé officiellement par le ministère du Travail, il s’appliquera à partir du 1ᵉʳ janvier 2027.
Il remplace et modernise un cadre de règles vieux de près de 40 ans, constituant une mise à jour majeure pour tenir compte des évolutions du travail et des nouvelles pratiques professionnelles.
Les objectifs de ces ajustements ?
Renforcer l’attractivité de la branche et favoriser la fidélisation des salariés permanents
Le nombre de salariés permanents a diminué de 3,5 % entre 2023 et 2024. En 2019, le secteur avait enregistré 10 300 départs, soit un taux de 34 % selon l’Observatoire de l’intérim. Les démissions, en constante progression, représentaient alors près d’un quart de l’ensemble des départs.
Dans ce contexte, les nouvelles réformes visent à mieux fidéliser les salariés permanents, un public qui jusqu’à aujourd’hui bénéficie de peu d’avantages liés à la convention collective.
Adapter l’organisation du travail
Comme l’activité varie beaucoup et reste difficile à anticiper, de nouvelles garanties spécifiques sont prévues pour les salariés permanents.
Tenir compte du mode d’organisation des entreprises
L’objectif est d’inclure dans l’accord les entreprises dont les salariés réalisent du travail temporaire, même si elles ne sont pas juridiquement des agences d’intérim.
⚠️ À condition qu’elles ne soient pas déjà couvertes par une autre convention collective.
Renforcer les avantages sociaux
Protection sociale renforcée
Tous les salariés permanents auront une protection sociale renforcée, avec une mutuelle santé de base obligatoire et une assurance prévoyance (en cas d’incapacité, invalidité, décès).
Tickets restaurants
Les tickets-restaurant seront généralisés pour ceux qui n’ont pas de cantine d’entreprise, avec un montant minimum de 8 € par ticket, dont au moins 50% payés par l’employeur.
Sensibilisation à l’endométriose
Les entreprises seront mieux informées sur les besoins particuliers des femmes atteintes d’endométriose, afin d’adapter au mieux leur accompagnement au travail.
À noter que c’est un secteur majoritairement féminin, avec 80,5% de femmes salariées permanentes contre seulement 19,5% d’hommes selon l'institut d'étude Xerfi.
Salariés aidants
Les entreprises de travail temporaire seront désormais sensibilisées aux difficultés des salariés aidants (ceux qui s’occupent d’un proche malade, âgé ou handicapé), pour mieux les soutenir.
Don de jours de repos
Les entreprises pourront permettre aux salariés de se donner entre eux des jours de repos, par exemple pour aider un collègue en difficulté.
Organisation du travail
Période d’essai
La période d’essai en CDI pourra, dans certains cas, être prolongée, mais seulement si l’employeur et le salarié sont d’accord et le formalisent par écrit.
Forfait jours
Pour certains salariés permanents, l’entreprise pourra organiser le travail sous forme de « forfait jours » à l’année, c’est‑à‑dire en comptant en jours travaillés plutôt qu’en heures.
Travail de nuit
Des garanties minimales seront prévues pour les salariés volontaires qui acceptent de travailler la nuit, afin de protéger leurs conditions de travail.
Travail du dimanche
Des garanties minimales seront aussi mises en place pour les salariés volontaires qui travaillent exceptionnellement le dimanche, quand l’entreprise de travail temporaire a une autorisation spéciale pour déroger au repos dominical.
Sources : Prism'Emploi / L'observatoire de l'intérim et du recrutement / Xerfi
